Narguilé Christophe Lorreyte.fr

La Chicha est-elle dangereuse pour la santé ?

fumeur de narguilé 

L’image d’un fumeur de chicha est apaisante, et dans le concert de diabolisation du tabac, elle semble un recours chic et peut-être plus sain que la cigarette.

De nombreuses personnes pensent que la chicha est moins dangereuse que la cigarette. Eh bien, c’est un leurre ! Elle représente malheureusement un danger pour tous ceux qui s’y adonnent. En effet, il faut savoir que, la chicha (ou narguilé) contient 25% de tabac. Ce n’est parce que le tabac est souvent associé à des arômes fruités, agréables en bouche et donc trompeurs que ce n’est pas dangereux ! La chicha contient du tabac, mais également de nombreux autres produits toxiques que les consommateurs ne soupçonnent pas.

Au même titre que le tabac, la chicha augmente le risque d’apparition de cancers, de maladies cardiovasculaires et de bronchites chroniques. Il faut également savoir que la consommation de chicha expose le fumeur à des risques de contagion dite « microbienne » (lorsque l’embout n’est pas à usage unique).

Qu’est-ce que la chicha ?

narguiléLe narguilé est une forme traditionnelle de consommation du tabac de plusieurs pays du monde. Cette pratique est utilisée depuis au moins quatre siècles par les populations d’Afrique et d’Asie.

Il s’agit d’une pipe à eau. Le mélange de tabac – généralement le tabamel (encore appelé mu’essel en arabe), composé de tabac, de mélasse ou de miel et d’essences de fruits aux effluves douceâtres, est introduit dans le bol supérieur recouvert d’un papier d’aluminium troué. Un morceau de charbon ardent est ensuite placé sur le morceau d’aluminium. Ce dernier va consumer le tabac. La fumée passe dans l’eau et est inspirée par la personne qui fume la chicha, grâce à un tuyau souple.

 Rapport entre bouffées de chicha et nombre de cigarettes

fumeur de chicha

Fumer la chicha (ou le narguilé) sur une durée d’une heure pour 50 bouffées équivaut à fumer 2 paquets de cigarette en une fois. En effet, il faut savoir que la quantité de monoxyde de carbone présente dans la chicha est reconnue comme étant 7 fois supérieure à celle contenue dans une simple cigarette. Ainsi, la fumée de chicha contient autant de pollution au monoxyde de carbone qu’une vingtaine de cigarettes classiques.

 

Les interdictions en France

 nonDepuis les années 1990, on constate une véritable explosion de cette coutume dans des pays où elle était jusqu’ici quasi-inexistante, comme en Europe (France, Allemagne, Grande Bretagne) et en Amérique du Nord (Canada, Etats-Unis d’Amérique). Elle est ainsi devenue une forme de consommation du tabac assez banale. Ainsi par exemple, une étude menée en 2011 dans les universités de l’Etat de Caroline du nord, aux USA, montrait que 40,3% – plus d’un tiers des élèves interrogés – avaient déjà fumé du tabac à narguilé, alors que seul un pourcentage légèrement plus élevé (46,6%) ont déclaré avoir déjà fumé une cigarette. Presque 25 % des élèves ont déclaré être des fumeurs de cigarettes et 17,4 % ont déclaré qu’ils utilisaient activement les narguilés.

Il a été démontré qu’aujourd’hui, en France, les jeunes sont de plus en plus nombreux à fumer le narguilé. Ses saveurs gourmandes attirent de plus en plus. On estime que 50 % des jeunes de 16 ans ont déjà fumé la chicha et que près d’un tiers des jeunes de 17 ans et plus fument régulièrement.

Les bars à chicha et autres lieux uniquement dédiés à sa consommation sont interdits en France. Pourtant, le narguilé a fait de plus en plus d’adeptes ces dernières années. Depuis le 1er janvier 2007, l’interdiction de fumer dans des lieux fermés accueillant du public s’applique aussi à la chicha. Des bars à chicha tentent de contourner la législation en adoptant le statut d’association culturelle.

La transmission d’informations à cet égard n’est pas claire. En effet, la plupart des consommateurs pensent qu’ils ne courent aucun risque ou qu’il vaut mieux fumer la chicha plutôt que des cigarettes. La chicha n’est pas aussi diabolisée que la cigarette alors, qu’en réalité, elle est encore plus toxique.

Conclusion

La « mondialisation » de cette pratique n’est pas sans poser de réelles interrogations qui dépassent les particularités d’une pratique traditionnelle pour devenir aujourd’hui un réel enjeu sanitaire, économique et social.

 

 

 

Partager l'article
  •  
  •  
  •  
  • 4
  •  
  •  
  • 4
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.