L’ Éveil existe-t-il ? Le reconnaître

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Satori, l’éveil en japonais, est l’état auquel un débutant aspire dans la pratique de la méditation.

Il est pour beaucoup le point d’orgue de la pratique et également sa motivation première.

Il représente dans l’esprit du pratiquant, la promesse d’un état qui le libérera de toutes les contraintes que lui impose son ego soi-disant tyrannique.

Mais qu’en est-il vraiment de cette promesse d’Eden, existe-t-il véritablement un paradis dans cette pratique ou est-ce encore un fantasme de notre égo qui cherche désespérément un prix à gagner à toute chose ?

Qu’est-ce que l’éveil ? Je vous livre, ici et maintenant, dans cet article, ma vision sur cette question et également les réponses aux interrogations qui en découlent.

Elles sont issues de ma pratique et de plus de 35 ans de recherches sur les concepts de la méditation.

 

 1. Qu’est-ce que l’Éveil ?

a. Définition préalable

Selon la définition bouddhiste classique, l’Eveil est une prise de conscience de la non-séparation des êtres et du monde.

L’éveillé expérimente alors un état de bien-être, de calme et de compassion envers la vie au sens large.

Il n’y a plus de séparation entre corps et esprit, et l’éveillé entre dans un état d’attention profond envers les choses et les êtres.

La méditation pratiquée en silence serait alors une technique qui permettrait de tendre vers cet état intérieur.

Mais l’Eveil n’est-il que cela ? Comment savons-nous que nous avons atteint l’Eveil ? Qui est véritablement éveillé et qui prétend l’être sans avoir atteint cet état ? Et à qui puis-je faire confiance pour me révéler ce qui paraît constitué le Saint Graal du bouddhisme ?

Ce sont les questions les plus courantes que vous vous posez lorsque vous êtes sur la voie, lorsque vous souhaitez vous apaiser et construire une vie ayant à vos yeux plus de sens.

Alors c’est parti, pour votre grand voyage ! Je vais essayer de vous guider afin que vous ne tombiez pas dans la facilité des pièges que vous tendent les vendeurs du « prêt-à-penser » et débroussailler le chemin pour vous le rendre plus agréable.

Mes réponses à ces questions sont issues de mon expérience et ne sont que l’expression de ma réalité subjective, je vous propose bien sûr de les vérifier et de les enrichir de votre propre expérience.

A ce propos, je vous invite vivement, en bas de cet article, dans les commentaires à me donner vos points de vue et à y partager vos expériences. C’est avec un grand plaisir que j’échangerai avec vous sur ce sujet.

 

b. La question de l’Éveil

L’Éveil, sous-entend qu’avant lui nous étions dans un sommeil profond. Avant, c’était la nuit, l’obscurité, l’aveuglement, l’ignorance.

Puis, avec l’éveil vint la lumière, l’illumination, la connaissance, l’ouverture consciente, un regard vif sur ce qui nous entoure, une compréhension subtile.

Vu sous cet angle, il est légitime de vouloir pratiquer la méditation pour croquer cette pomme si prometteuse.

Qui en effet ne souhaiterait pas rendre vivant pour lui-même la promesse inscrite au frontispice du temple de Delphes, ce « Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les dieux », que les adorateurs de Socrate ont par la suite érigé en système dogmatique ?

Pour ma part, le « connais-toi toi-même » s’arrête à l’univers.

J’ai laissé s’évaporer au fil de mes méditations les dieux et les maîtres et troqué leur pouvoir personnifié et imaginaire en amour universel et bien réel.

c. La promesse de l’Éveil

Au début de la pratique, votre ego s’accroche à cette idée d’absolu qu’est la promesse de l’Éveil.

Le rêve de cet ailleurs est un processus mental nécessaire pour le plus grand nombre des novices de la pratique.

L’idée de l’Éveil est le carburant qui permet de persévérer dans la pratique de la méditation, parfois aride.

L’ego ne fait rien gratuitement, il veut, il ordonne, il exige des résultats : c’est pourquoi il commence toujours à apprendre la méditation pour lui-même.

Peut-être pense-t-il qu’apprendre à méditer lui permettra :

  • D’apaiser ses douleurs
  • D’augmenter sa concentration
  • D’accroitre sa patience et son calme pour apaiser son mental agité
  • De maîtriser l’énergie
  • D’acquérir l’aura des grands sages…

 

L’ego cherche coûte que coûte à profiter, à se satisfaire, à exister et à accumuler.

Par les désirs qu’il cherche à combler, il a la qualité de vous aider à continuer la méditation et vous empêche en même temps, par sa nature vorace et égoïste, d’obtenir ce que vous cherchez : ce fameux « Éveil ».

 

d. Voici comment atteindre l’Eveil…

Qu’est-ce que l’Éveil si ce n’est la disparition de ce même ego ?

S’éveiller ce n’est pas obtenir quelque chose de plus, c’est perdre tout ce que vous avez au profit d’une seule chose : l’Éveil.

Et le plus fort dans tout cela, c’est que cela ne peut arriver que lorsque vous ne cherchez plus, lorsque vous avez oublié pourquoi vous méditez.

Et savez-vous pourquoi ? Simplement parce que l’Éveil est là en vous depuis toujours mais, en le cherchant, vous l’occultiez. Vous ne pouviez pas voir que vous étiez cet Éveil que vous cherchiez.

L’Éveil, c’est vous, libéré de toutes vos croyances. C’est la vacuité, le lieu de tous les possibles, l’enso (cercle japonais). C’est votre véritable nature.

En résumé, l’Éveil revient à réaliser intimement qu’il n’y a pas d’Éveil.

C’est pourquoi, pour atteindre ce qui n’existe pas, vous devez oublier votre quête même de l’Éveil.

Et lorsque vous aurez atteint cet endroit, c’est qu’il n’y aura plus d’ego donc plus personne pour contempler cet endroit qui n’en est pas un, même pas cet « Éveillé » que vous serez devenu et qui aura disparu.

Dans le bouddhisme Zen, il n’était pas rare, afin d’amener un pratiquant à réaliser l’Éveil, de lui poser une question sous forme de Kôan. Il s’agit d’une sorte d’énigme antinomique avec la logique et que seule la pratique de la méditation permettait de résoudre.

Afin que vous puissiez vous en faire une idée, je vous en livre quelques-uns (Ne cherchez pas à les résoudre par la pensée cartésienne, vous deviendriez fou !) :

« Quel était ton visage avant la naissance de tes parents ? »

« Quel est le bruit d’une seule main qui applaudit ? »

« L’arbre qui tombe dans la forêt fait-il du bruit si personne ne l’entend ? »

Si tout ceci vous parait fou, commencez à pratiquer. Si tout ceci vous parait clair, continuez à pratiquer.

 

2. Qu’est-ce qu’un Éveillé ?

saint 198958 1920

C’est simplement une personne qui a réalisé l’Éveil.

Mais cet Eveillé l’est-il toujours ou parfois referme-t-il les yeux ? Je répondrai à cette question par deux haïkus de ma composition :

Un haïku est un poème d’origine japonais. Il est écrit en trois vers et est constitué de cinq syllabes : pour le premier, sept pour le deuxième et cinq pour son troisième. Il évoque fréquemment l’image fugace d’un moment pris sur le vif souvent en rapport avec la nature et pouvant par sa justesse parfois produire « l’Eveil » 

Je ne suis pas moi

Eh bien pourtant je le suis

Tant de fois encore                                            Christophe Lorreyte – Mars 2002

Oublier hier

Sans souci des lendemains

Demeure l’Éveillé                                              Christophe Lorreyte – Mars 2004

Comment savons-nous que nous avons atteint l’Éveil ?

Lorsque celui qui cherche n’est plus là.

Nous avons tous notre histoire et nos caractères se forgent en fonction de celle-ci, par conséquent nous exprimons la nature unique de l’univers en fonction de nos interactions avec lui.

Toutefois, l’amour et la diminution de l’ego prévalant, on peut s’attendre de sa part à davantage d’ouverture et de compréhension sur le monde.

Abandonnez l’idée même d’un stéréotype de cinéma, au risque d’aller de déception en déception.

L’Éveillé n’est pas comme vous le fantasmez, il ne peut, par sa condition même d’humain, être sans défaut au risque de jouer le rôle du maître qui est « toujours ».

Toujours, c’est jamais, ça n’existe pas. Etre toujours sage sans jamais faillir résulte du contrôle permanent.

Or, le contrôle n’est pas la simplicité et l’attitude juste du moment présent. Il n’est que le reflet d’un désir de perfection.

Si vous rencontrez une personne presciente, charismatique, parfaite et vénérée, vite, dépliez vos jambes et reprenez votre posture debout pour détaler sur le champ !

L’Éveillé est authentique, il accepte sa condition imparfaite d’humain et, parce qu’il fait l’expérience de sa véritable nature, il lui est possible de s’y connecter.

Il ne se situe pas au-dessus des autres, n’attend aucun privilège et ne compte pas sur un grand nombre d’adhérents pour le glorifier. Sinon vous avez affaire à un gourou.

Malheureusement, il est fréquent de rencontrer des personnes prêtes à croire à ces faux prophètes car la promesse de pouvoirs magiques libérateurs est plus vendeuse que la simple proposition de se libérer de ses croyances.

Cela fait effectivement moins rêver, mais c’est pourtant tellement plus épanouissant !

 

3. Alors, à qui faire confiance et comment reconnaître un Éveillé ?

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Faites-vous d’abord confiance et, de manière à reconnaître les charlatans, observez.

Observez l’Amour, l’amour qu’il porte à toutes choses, l’amour qu’il partage et l’amour qui rayonne de sa véritable nature.

Le sourire, la joie et l’humour sont également des indices mais l’Amour et la Compassion est ce qui anime l’Éveillé.

 

4. Qu’est-ce que l’Éveil va changer dans ma vie ?

Aniki Saluant

La réponse se trouve dans la pratique.

Alors pour le savoir, asseyez-vous sur un zafu (coussin de méditation), prenez la posture et observez vos pensées sans attachement et sans rejet car ce n’est pas ce que vous voyez qui est important mais « qui » regarde.

 

5. Histoire zen : Un jour comme les autres

silviu zidaru DwJqS3QTFpo unsplash

Une personne un peu stressée et peu heureuse rencontre un ami et lui pose cette question :

– « Comment fais-tu pour être toujours aussi calme et heureux ? »

Cet ami lui répond :

– « Le matin je me lave, m’assois sur mon Zafu, déjeune à ma faim, m’en vais travailler, pratique de l’exercice le midi avant de déjeuner, retourne travailler, prépare un diner léger, le partage en famille, m’instruis avant le coucher et m’endors paisiblement. »

– « Oui, d’accord, mais quel est ton secret ? »

« Le matin je me lave, m’assois sur mon Zafu, déjeune à ma faim, m’en vais travailler, pratique de l’exercice le midi avant de déjeuner, retourne travailler, prépare un diner léger, le partage en famille, m’instruis avant le coucher et m’endors paisiblement. »

 

Pour aller plus loin…

Découvrez le livre de la Méditation Tangram et partez à le rencontre de la véritable nature

19 Commentaires
  1. Rossola

    Je voyais l’éveil comme un conte de fée, je voulais juste affiner ma voie du milieu.aujourd’hui peut être je l’entrevoi.sans certitude

    Réponse
    • Christophe Lorreyte

      Dépoussiérez les tiroirs de la mémoire et votre esprit sera comme neuf, prêt à créer de nouveau la réalité !

      Réponse
  2. haentjens

    Merci pour cet article!! Je reconnais dans vos paroles les principes de la sophrologie, toutefois il me semble parfois difficile parfois de pratiquer seul et de s’obliger chaque jour a « méditer » sans que cela semble une contrainte!! Comment faire et avec qui pour dépasser cela, ce frein!!

    Réponse
    • Christophe Lorreyte

      Bonjour chez vous et bienvenue sur mon blog ! C’est toujours avec un grand plaisir que j’accueille une personne nouvelle. Qu’il s’agisse de sophrologie, de psychologie, de méditation ou de développement personnel, lorsque l’on est tourné vers les autres il y va toujours du bon sens et de la sincérité. L’important n’étant pas la méthode mais davantage la personne qui l’incarne. Quant à votre question, vous ne devez pas vous « obliger », vous devez ressentir dans la méditation suffisamment d’intérêt pour y revenir. Si tel n’est pas le cas, c’est peut-être qu’il vous faut pratiquer autrement. Si cela vous intéresse, je lance une formation très complète sur mon blog en octobre ou à la fin de l’année. Il suffit de vous inscrire à la newsletter de mon blog pour être prévenu. En attendant, je vous invite à piocher l’esprit de la méditation dans mes articles et j’espère vous la faire suffisamment apprécier pour susciter une vocation de méditant(e). Amicalement

      Réponse
  3. Françoise

    Débutante en méditation (à la recherche d’une nouvelle expérience probablement guidé par mon égo ) j’ignorais tout de l’éveil .Même en méditant tous les jours sans obligation et même avec un certain besoin il me semble que je prenais encore ça pour une sorte de challenge .Cet article m’a vraiment ouvert une nouvelle façon de voir la méditation et le long chemin (surtout pour un cartésien ) pour faire taire son égo et aller vers l’éveil et a multiplié mon intérêt pour la méditation.Savoir s’accepter avec ses imperfections et surtout dégager beaucoup d’amour et de joie est motivant pour poursuivre sur ce chemin.
    L’histoire zen est très parlante.

    Réponse
    • Christophe Lorreyte

      Merci pour votre commentaire. Vous avez parfaitement résumé le chemin merveilleux de la méditation. Je vous souhaite une bonne promenade et j’espère vous y rencontrer de nouveau lors d’un prochain article.

      Réponse
  4. Isabelle Burcheri

    Bonjour Christophe,

    J’ai beaucoup aimé cet article. Je réalise qu’après 3 ans de méditation quotidienne, je ne m’étais pas vraiment posé la question de l' »Eveil ». Je pense qu’au début, la méditation m’est apparue comme la suite logique des enseignements que j’avais suivis en yoga et en Communication non Violente. Finalement, aujourd’hui, je ne me pose toujours pas la question de l’Éveil. Je me sens juste infiniment reconnaissante envers l’univers de m’avoir montré ce chemin. Je ne crois pas qu’il ait une fin. Chaque jour, j’expérimente le bonheur d’être en vie, de donner et de recevoir de l’amour et cela me suffit. Je te remercie pour celui que tu partages dans ces lignes, pour tes haiku, l’histoire zen et ton humour. En particulier, j’ai beaucoup aimé le conseil que tu donnes en cas de rencontre avec une personne presciente, charismatique, parfaite et vénérée! Tant de sagesse du Tao…Gros merci. Isabelle

    Réponse
    • Christophe Lorreyte

      Hello Isabelle, effectivement tu es bien sur la voie. Ma devise est : ne rien attendre, ne rien recevoir, juste s’asseoir. Nous sommes tous éveillés donc méditons pour en prendre conscience.

      Réponse
      • Isabelle

        Je crois que je vais adopter te devise, si tu permets bien sûr!

        Réponse
        • Christophe Lorreyte

          Je te la partage bien volontiers Isabelle !

          Réponse
  5. joana

    Vous êtes une personne très proche de mes « méditations », votre blog est sympa ,je me remet à enseigner à la rentrée ,après une année,j’ai constaté que je me retirais , ce qui m’intéresse ,c’est la graine plantée , quand les gens ne croient plus ou pas , quand le tuteur est placée , quand la joie (ré)apparait ! merci !

    Réponse
  6. Jean Claude

    J’ai compris que méditer est plus important que tout le reste , plus essentiel que toute cette agitation qui m’environne.
    Méditer n’est pas une contrainte mais un mode de vie naturel qui coule de source lorsqu’on a compris et saisi les subtilités des nouvelles perceptions qu’elle dégage , issues d’une forme d’intelligence qui outrepasse celle du mental ordinaire.

    Réponse
  7. Jean Claude

    J’ai compris que méditer est plus important que tout le reste , plus essentiel que toute cette agitation qui m’environne.
    La méditation n’est pas une contrainte mais un mode de vie naturel qui coule de source lorsqu’on a compris et saisi les subtilités des nouvelles perceptions qu’elle dégage , issues d’une forme d’intelligence qui outrepasse celle du mental ordinaire.

    Réponse
    • Christophe Lorreyte

      Evidemment Jean-Claude. La pratique doit s’insérer dans notre vie quotidienne. Elle offre tant lorsque l’on sait l’apprivoiser !

      Réponse
  8. Bigaré

    Merci 🙂. Peut-être que je médite déjà sans le savoir, ça me semble être plutôt bon signe 😆, en tout cas mes moments d’introspection, rêveries, écriture, écoute de musique me font du bien. Avoir la chance de côtoyer des personnes qui sont à mes yeux éveillées aussi. Et pour le reste, l’ego est quand même toujours bien présent comme chez la majorité des gens, ce n’est pas pour rien qu’on est des humains 🙂

    Réponse
    • Christophe Lorreyte

      Bonjour,
      En fait tu ne peux pas méditer sans le savoir. La méditation est une pratique où la posture et la respiration sont importantes. Bien évidemment, la musique, les rêveries, l’écriture sont de beaux moments de contemplation mais à ne pas confondre avec la méditation. Quant à l’ego, c’est grâce à la méditation que l’on peut l’éduquer à être moins présent. nous sommes humains effectivement donc toujours en quête de progression.

      Réponse
  9. Titta

    Bonjour,

    Merci pour votre partage intéressant et qui fait du bien sur plusieurs points.

    Je ne sais pas ce que ca veut dire être « éveillé ». Je pense que c’est un mot qui éloigne de « l’objectif. »

    Comme de dire « dieu » au lieu de YHWH. (Je ne suis pas croyante mais certains écrits me parlent.) Le premier nous enferme dans une croyance, le 2eme nous lance dans le cheminement pour tenter d’en comprendre le sens et je ne pense pas que ce soit des concepts saisissables par les mots mais uniquement à vivre et expérimenter.

    Les mots sont par contre utile en confirmation à ceux qui ont déjà expérimenter. C’est aussi la posture de Claude Bologne via son livre et conférence sur « Une mystique sans Dieu ». Il dit que partager ces expériences sont inutiles pour le non-experimenté et qu’on le sait pertinemment qu’il faut l’expérience pour comprendre les mots mais que bcp ont écrit dessus tout de même pour chercher eux-mêmes des confirmations et en proposer à ceux ayant aussi vécu la prise de conscience. Car même si libérateur c’est un bouleversement souvent incompréhensible au début.

    C’est d’ailleurs le concept même de la mystique quelque soit la religion liée. Elle propose d’expérimenter plus que croire la théorie.

    Confucius dit « Quand les mots perdent leur sens, les gens perdent leur liberté ».

    Les religions étaient des systèmes politiques plutôt que libérateurs. Ils ont d’ailleurs étés très forts dans leur détournement des mots pour nous garder son contrôle. Car certains concepts repris par eux ont du vrai mais la manière des religions de nous les proposer nous en éloigne.

    L’allégorie de la caverne de Platon nous explique bien l’enjeu autant sur le plan individuel que politique car suite à la mort de Socrate il conclu dans ce texte que c’est risqué sa vie que tenter de libérer les gens de leurs conditionnements.
    Dans le film Matrix aussi avec les pillules de Morpheus. C’est d’ailleurs inspiré de l’allégorie de Platon.

    Y a aussi le problème de croire qu’on cerne un concept parce qu’on en a connaissance théoriquement. Mais tant que c’est de la théorie sur laquelle on se base pour comprendre ces concepts c’est juste une croyance.
    L’expérience, elle, permet d’en faire la connaissance et de la ressentir et cela change toute la compréhension du concept. Je dis souvent qu’il y a une compréhension cérébrale et une viscérale/éprouvée.
    On nous apprend que le feu ça brûle mais on comprend vraiment ce concept seulement le jour où on se brûle et là on sort de la théorie pour rentrer dans la connaissance.

    Je pense que certains vivent des expériences libératrice et qu’elles n’amènent pas à une plénitude ni à un éveil comme souvent relayer par les spiritualités… sur ce point votre partage me fait du bien.
    Je pense aussi que c’est des expériences pénibles au début… on doit mourir a soi-même ce qui n’est pas rien et c’est normal que le cerveau et l’ego y résiste.
    Ces mini-morts avant l’heure on ne les choisi jamais, elles s’imposent à nous et tous ceux qui l’ont expérimentée le disent.
    C’est trop violent sur le coup et notre instinct de survie fait bien le job de nous en préserver.
    Certains décrivent « une nuit noire » qui fait partie du processus. Donc tout n’est pas que joie et plénitude même si cela amène a une forme de libération. Mon cheminement est toujours en cours pour dire… et je pense que ce sera à vie.

    Je pense que ces expériences permettent juste de comprendre le Grand Tout de la vie et amène à accepter sa nuance complexe. On vit toujours des moments douloureux mais au lieu de s’en rajouter une couche en espérant l’impossible et en étant frustrés/déçus de ne pas accéder à cet impossible… on accepte juste cette douleur en cherchant comment transformer ce qui est possible en positif pour soi. Bref on devient résilient.

    Comme dit le bouddhisme le nirvana diffère du paradis dans le sens où vous prenez conscience que vous y êtes déjà.

    Pour être franche je ne vous rejoint pas dans votre réponse à celui qui médite par ses actions. Je le crois dans ce qu’il pense vivre… pour moi la méditation en posture assise c’est bien en exercice pour s’approcher du concept via l’expérience mais ce n’est pas la finalité.. la spiritualité passe pas les pieds… c’est à dire par l’action et non par l’inaction. D’où aussi les nombreux pèlerinages proposés. De méditer assis chez soi c’est bien mais ça ne nous permet pas de vivre dans le Grand Tout. Seule l’action le permet.

    Dans le bouddhisme la marche méditative est très pratiquée aussi. Et si mes recherches sont justes Gautama c’est beaucoup déplacé. Il n’était pas statique mais en mouvement comme la vie.
    Tout comme certains proposent des repas en pleine conscience de nos jours.

    Pour moi la méditation assise est un passage mais faut continuer le cheminement et retrouver ce mouvement du Grand Tout.

    C’est comme les expériences de néant que certains vivent et qui sont aussi hyper libératrices… ce sont des passages car rester dans le néant c’est comme être mort.

    C’est d’ailleurs ce que j’ai vécu. J’ai rencontré mon propre néant et cela m’a permis de sortir du conditionnement et de retrouver mon essence (le buisson ardent… ce qui ne se consume jamais). Ensuite j’ai médité temporairement mais mon changement de vie libérateur vient plus du néant que de la méditation. La méditation a étée un outil pour cheminer dans ce que mon néant m’a proposé.
    Mon néant c’était me réveiller un jour à mes 26 ans à l’hôpital en ne me souvenant plus de rien, ne pouvant plus parler, marcher, écrire mais j’ai pu constater que je n’arrivais plus à rien de manière très consciente quand j’ai tenté d’écrire la 1ere fois en vain (c’est un test que font les neurologues pour voir si la personnalité revient suite à une amnésie). Bien que pendant quelques jours je ne sois plus capable de rien j’ai aussi pu conscientiser que tout de moi n’était pas mort… que quelque chose avait survécu à ce néant et ce quelque chose c’était mon être non conditionné.
    Ayant eu un passé très compliqué les médecins ont conseillés à mes proches de me laisser profiter de ce nouveau départ et ne rien me rappeler de mon histoire à moins que je pose moi des questions. J’ai finis par avoir des souvenirs qui sont revenus mais je ne suis pas retombée dans la dépression et les tentatives de suicide. Cette expérience m’a donné foi (confiance) en la vie et une certaine compréhension de sa nuance. Pour moi depuis plus rien n’est bien ou mal mais un mélange des 2. Je tente depuis de plus nourrir le bon loup en moi tout en considérant tout de même le mauvais car des fois il a aussi des choses à m’apprendre ou m’apporter.

    J’ai depuis reconditionné mon cerveau mais par mes propres choix. C’est selon moi impossible de vivre sans conditionnement car aussi l’équivalent d’être mort. Qu’on le veuille ou non nos cerveaux sont conditionnés… l’important c’est d’en avoir conscience.

    L’autre chose où je tique un peu dans votre partage c’est sur l’ego qui reste malgré la méditation et dans un sens oui c’est important de dire que ce n’est pas le but de tout éteindre en nous… ce qui reviendrait aussi à être mort donc je comprends ce que vous voulez partager par là mais selon moi ces expériences libèrent l’être de l’ego… ce n’est pas l’ego qui reste mais l’être. L’être et l’ego sont 2 choses différentes… on n’a pas conscience de cette nuance.
    C’est d’ailleurs selon moi ce que YHWH et le buisson ardent tentent de nous proposer. Dans ce passage on peut aussi lire que le nom de YHWH est « je suis celui qui est »… donc l’être et non l’ego.

    Bonne continuation et bonne journée

    Réponse
    • Christophe Lorreyte

      Bonjour,
      Merci d’avoir pris le temps d’enrichir la communauté avec autant de zèle. Cet apport est très généreux.
      Ainsi que je l’enseigne, l’assise ainsi que le kin hin et la pleine conscience au quotidien sont les vecteurs pour faire entrer la méditation dans son quotidien car l’assise sans application dans sa vie ne serait qu’une pratique parmi tant d’autres.
      Belle journée

      Réponse
  10. Christophe Lorreyte

    Merci Isabelle pour le joli compliment. Les haïkus me passionnent depuis fort longtemps. Ils permettent de saisir la quintessence en quelques mots. C’est l’esprit même de la méditation.

    Réponse

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