Comment Surmonter La Mort

Surmonter la mort et le deuil : mes conseils

A l’heure de la mort (surmonter la mort)

Comment surmonter la mort ? La mort est un sujet tabou. Un sujet que la plupart évitent, soit par superstition, (peur de voir rappliquer à grands pas la grande faucheuse avant son heure) soit parce qu’elle nous renvoie à l’idée de notre propre disparition ou à la souffrance liée à la perte d’un proche. Les autres, souvent plus jeunes, la trouve fascinante et tentent de l’apprivoiser ou de l’exorciser en affichant un goût pour le macabre, le gothique, voire même pour le satanisme.

Mais lorsque la mort survient et prend une vie, tout le monde s’incline. La superbe des égos surdimensionnés vole en éclat et fait place à l’humilité et à la vérité toute nue.

« Lorsque la mort paraît, l’Homme arrête de se prendre pour Dieu. »

Il reprend humblement sa place. Il suffit d’observer les invités aux funérailles de l’un de nos défunts pour s’en assurer. Nous tous, à cette heure posthume, sommes renvoyés à l’idée de notre propre mort. Nous prenons conscience de l’aspect dérisoire de notre vie et nous interrogeons l’insondable.

surmonter la mort

Ecrire sur la mort, un pari sérieux

La mort fascine, dérange, bouscule et effraie. Y consacrer un article est donc un exercice délicat mais m’a paru essentiel à plus d’un égard. Essentiel d’une part, car ne pas fuir et accepter l’idée de la mort est la clef pour ouvrir la porte vers une vie accomplie. Essentiel d’autre part car mon blog traite justement des moyens, (notamment de la méditation) pour accéder à cette vie meilleure.

Je ne pouvais donc, pour ces raisons, m’exonérer de l’écriture d’un article sur le sujet. Toutefois, ne vous attendez pas à ce que ma plume se fasse discrète comme un bouquet d’œillets offert à un enterrement. C’est davantage avec l’esprit des fleurs du sakura* (symbole des samouraïs dont la vie était aussi éphémère que la floraison des cerisiers) que j’ai écrit cet article sur la façon de surmonter la mort et de vivre le deuil.

Les questions que l’on se pose au sujet de la mort ?

Qu’il s’agisse de la perte d’un animal auquel vous êtes attaché, d’un voisin, d’un ami proche, de votre père, de votre mère, de votre conjoint ou même de votre enfant, lorsqu’une vie à laquelle vous êtes attachée disparaît, vous souffrez. Vos habitudes perdent leur sens et vos projets vous paraissent dérisoires. Face à la mort, vous éprouvez le manque de l’autre et ressentez la solitude. Vous relativisez l’importance des choses et vous procédez au bilan : (les souvenirs vécus avec le défunt, les regrets que suscitent les évènements qui n’ont pas eu lieu et bien sûr les sentiments que vous n’avez pas pu exprimer de son vivant.)

Après le choc de la nouvelle, que va-t-il se passer ? Qu’allez-vous en faire ? Surmonterez-vous l’évènement ou sombrerez-vous ? Combien de temps vous faudra-t-il pour sortir du tunnel ? Vous poserez-vous les bonnes questions et progresserez-vous sur la voie de la compassion ou, au contraire, vous refermerez-vous sur vous-même pour emprunter la voie obscure et destructrice de la misanthropie ? Allez-vous apprendre de ces souffrances ou souffrir encore et encore ?

Cet article a pour but de vous aider à faire le deuil et à surmonter la mort mais également de vous aider à réfléchir sur la mort et peut-être, qui sait, de vous en libérer…

La mort en général

Pour commencer, la mort désigne la fin, la fin d’un état vivant, car ne peut être mort que ce qui a été vivant, animé. C’est un concept universel rattaché directement au principe de vie. Mais là, où tout se complique, c’est lorsque l’on introduit dans l’équation de la vie, la grande question « Que se passe-t-il après la mort ? », c’est-à-dire lorsque l’on ne se contente plus d’observer et de vivre le réel mais lorsque l’on commence à réfléchir sur l’existence ou la non-existence d’un ailleurs. Plus simplement lorsque l’on se pose cette fameuse question : y-a-t-il une vie après la mort ?

Là, commencent les ennuis. Ils se cristallisent et prennent différentes formes mais tous se nourrissent de la même cause, de la peur de mourir.

Nous avons peur car, après la mort, rien n’est sûr. Le manque de certitude nous renvoie au néant.

surmonter la mort

Notre mort (surmonter la mort)

Notre égo ne supporte pas de devoir disparaître un jour. Sa nature est d’exister toujours et toujours. Il est l’instance qui nous sépare des autres et nous fait souffrir. Comprendre qu’il doit rendre à l’univers les composants empruntés lui est tout à fait hors de portée. L’impermanence, il ne connaît pas et ne veut surtout pas en entendre parler. Il nous maintient dans l’illusion, « dans ce qui n’est pas »

Pourtant, si nous considérons simplement l’idée de notre propre mort uniquement sur l’observation de « ce qui est » et, si nous faisons abstraction de ce que nous ne savons pas, nous supprimons toute peur s’y référant. Je m’explique simplement :

Nous naissons, vivons et mourrons.

Que nous mourrions à 5 ans, à 50 ans ou à 102 ans, quelle importance ? Quelle importance pour celui qui meurt ?

Au moment où je meurs, le « je » disparait. L’égo a disparu. Il n’y a plus personne pour voir. Je suis mort, donc je ne suis plus concerné. Seuls les vivants considèrent que de mourir à 5 ans est une tragédie et que de décéder à 102 ans est plus que respectable.

« Mourir n’est rien, seule l’idée de la mort nous terrifie. »

Pourtant, la plupart d’entre nous passent leur vie à être empêchés par cette peur de mourir. Obsédés par l’idée de la mort, ils ne s’épanouissent pas et créent souvent des symptômes pathologiques.

« La peur de mourir empêche la vie de s’épanouir, alors, que la mort véritable lui donne un prix. »

La mort donne du sens et nous rend la vie précieuse. La littérature est truffée d’exemples où l’immortalité est un supplice, une damnation et d’un ennui profond.

Jankélévitch, philosophe né à Bourges, écrit à ce sujet : « L’enfer c’est l’impossibilité de mourir… La mort vitale est ce qui rend passionnante la vie mortelle»

Plus récemment, le cinéma fait de ce thème sa toile de fond, lorsque le réalisateur Neil Jordan met en scène en 1994 le roman néogothique de Bram stoker « Dracula ». Les vieux vampires sont fatigués et s’ennuient dans leurs nuits sans fin. Et comme le dit, l’agent Smith, dans le film Matrix : « Ce qui a commencé doit finir. »

La méditation, une solution pour en finir avec la mort

surmonter la mort

« Savoir vivre, c’est accepter l’idée de la mort et vivre comme si nous allions mourir demain. »

Cet état d’esprit, je l’apprends à chaque méditation. J’expérimente l’impermanence.

Taisen Deshimaru* répétait cette phrase : « Pratiquer Zazen, c’est enfoncer des clous dans son cercueil. »

Avec la méditation, votre égo lâche peu à peu et apprend à s’effacer. Vous lâchez l’illusion de l’immortalité pour l’éternité.

Assis en silence, la question même de la mort s’efface et on réalise que seul ce qui se passe ici et maintenant est réel. Concentré sur la posture, les peurs créées par notre mental s’apaisent et la fenêtre de la liberté s’ouvre. Nous pouvons alors réaliser que tout ce qui nous constitue provient de l’univers et est en total interdépendance avec lui. Quand l’égo s’éteint, nous réalisons que nous sommes l’univers et que l’univers est éternel, sans début et sans fin. Il n’est que le moment présent.

Sômon Kôdô Sawaki, figure importante de la méditation bouddhiste Zen écrivait ceci :

Le chant de l’éveil : Du point de vue de la vie, notre univers entier est un organisme vivant. Tout est vie. Même le Soleil et la Lune sont vivants. Du, point de vue de la mort, tout est en train de mourir. Vous et moi, l’un comme l’autre, mourrons à tout instant. En somme, celui qui comprend la mort s’éveille au non-né.

surmonter la mort

Surmonter la mort d’un être cher

Nous avons vu quelle attitude adopter face à l’idée de notre propre mort, mais qu’en est-il lorsque l’un de nos proches disparaît ?

L’annonce de la mort

L’annonce de la perte d’un être cher, vous désarçonne, vous vide de votre assurance et vous redonne votre humanité originelle. Face à la mort, vous reprenez votre humilité, vous êtes dépossédé des artifices de votre égo, vous redevenez vrai mais, en revanche, vous souffrez.

Alors, comment surmonter la mort ? Comment ne pas rester coincer indéfiniment dans cette souffrance absurde, (oui, vous avez bien lu, j’emploie absurde à dessein.) que vous entretenez avec votre cher disparu ? Comment faire en sorte d’en sortir grandi et de profiter pleinement du temps qu’il vous reste à vivre pour aimer les vivants ? C’est ce que je vais tenter de vous expliquer dans ce qui va suivre.

surmonter la mort

Qui souffre ?

La première question fondamentale à laquelle vous devez trouver une réponse est celle-ci : Qui souffre ? Le mort que vous pleurez ou vous ?

Votre cher disparu ne fait plus partie du monde des vivants et ne peut plus par conséquent éprouver de souffrance. Il a rejoint le néant, sans conscience. Vous, par contre, vous êtes bien vivant et vous souffrez, pleurez sur un passé révolu. Vos souvenirs défilent et vous revisitez tous les recoins de votre mémoire pour éprouver le manque. Le manque vous donne l’illusion qu’il existe encore une relation entre vous et le défunt. Souffrir, c’est simplement continuer à faire exister l’être cher. En revanche, lâcher prise, c’est accepter de le laisser partir et de ne plus souffrir. 

Tant que vous demeurez dans l’impasse avec « votre défunt », vous souffrez devant une chimère. Refuser l’évidence d’une disparition peut, à terme, vous couper du monde. Mais, parce que vous souffrez, on n’ose pas vous raisonner, on respecte, on se tait et on vous laisse sombrer gentiment dans une folie égocentrique.

« Il faut souffrir pour être humain, souffrir montre que l’on a du cœur, que l’on est quelqu’un de bien, une belle personne. »

Voilà ce que l’on vous enseigne pour surmonter la mort, voilà ce qui vous enferme, mais la réalité – tenez-vous bien – est tout autre.

Lorsque l’être cher disparaît, ce n’est pas l’autre que vous pleurez. Vous souffrez de ne plus pouvoir échanger avec le disparu. Vous pleurez sur vous-même. Vous me suivez ? Ce sentiment de tristesse qui semble vous rendre plus humain et paraît être tourné vers l’autre n’est en fait qu’un sentiment égoïste. Vous pleurez sur le manque que suscite la perte de la relation avec l’autre. Voilà la réalité !

L’amour, une solution pour sortir du deuil et surmonter la mort

Arrêtez votre égocentrisme et tournez-vous vers les autres. Allez, courage ! Aimez de nouveau ceux qui sont en vie.

« Remplacer la souffrance pour les morts, par de l’amour pour les vivants. »

Stoppez votre folie et offrez ce sentiment merveilleux à celles et ceux qui peuvent encore ressentir. L’amour nourrit le vivant. Il illumine nos vies. Il rend les gens aimables, apporte la joie et, par répercussion, engendre la paix. L’amour tourné vers les autres guérit votre cœur.

Prenez conscience que vos défunts s’en sont allés, ne perdez plus votre temps à cajoler vos fantômes et allez chérir ceux qui sont encore présents.

« Lorsque meurt Thanatos*, Eros* peut enfin naître parmi les hommes. »

surmonter la mort

La vie continue après le deuil

Lorsque vous perdez un proche, faire une pause s’impose à vous. Le temps suspend son vol et le train reste un moment en gare. Profitez de ces instants où tout se fige pour vous retrouver, faire un point sur votre vie, en dégager l’essentiel et peut-être en redéfinir sa direction. Puis, lorsque le train reprendra sa course, soyez prêt pour profiter encore plus intensément du voyage. Nous avons la chance de vivre, alors ne gâchons pas trop de notre temps précieux, ne restons pas trop longtemps en gare à surmonter la mort, voyageons encore et encore jusqu’au bout de notre histoire.

surmonter la mort

Une histoire Zen

Il y a quelques mois, Laurence, une pratiquante de la méditation, a perdu son mari qu’elle chérissait très fort. Elle rencontre aujourd’hui une amie qui lui présente ses condoléances et l’interroge : « Comment supportes-tu l’absence de ton mari ? Comment trouves-tu la force de surmonter la mort ? Ça va ? Comment fais-tu pour ne pas paraître trop effondrée ? »

Laurence lui répond en lui prenant la main : « Mon mari est mort et je reste les yeux ouverts, et toi comment vas-tu ? » (Christophe Lorreyte / Mars 2018)

 

Surtout laissez-moi vos commentaires et/ou réactions sous cet article. Je les attends avec impatience et répondrai avec joie à vos questions.

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Cet article comporte 10 commentaires
  1. O.K. ” Car tu es poussière et tu retourneras à la poussière”
    C’est comme ça que je le vois en accord avec tout ce qui est dit.
    Seulement ce n’est pas la disparition qui m’effraie, voir le contraire, c’est la décadence et surtout, la plus part du temps, la souffrance, clinique bien plus que morale.
    Encore faut-il voir à l’instant présent.
    Cette souffrance, qui me rappellera que je suis toujours vivant, je m’en passerai bien.

    1. Christophe Lorreyte dit :

      Merci pour ce commentaire. Je suis ravi que nous soyons d’accord concernant la mort. A propos de la souffrance, quelle soit physique ou mentale, celle-ci est alimentée par l’égo. S’il n’y a plus d’égo, il n’y a plus personne pour souffrir. L’égo se focalise sur la douleur et nous coupe de tout le reste. Nous nous identifions alors à la douleur et nous ne sommes que souffrance. Pacifier l’égo est la solution pour augmenter le seuil de la douleur et nous amener à stopper son identification. Lorsque je médite, mon esprit ne repose sur rien, il n’exclut et ne recherche rien, il ne cherche pas à fuir le bruit du marteau-piqueur et ne recherche pas le chant de l’oiseau. Les sons s’entremêlent sans distinction du beau, du doux ou de l’irritant. J’accepte ce qui est au présent. Ne rien chercher, ne rien rejeter, et accepter est la solution pour moins souffrir. Pour en savoir un peu plus, je te conseille mon article intitulé “l’éveil existe-t-il ? Le reconnaître”. J’espère qu’il t’apportera des réponses pour continuer sur ton chemin.

  2. Fougeron Evelyne dit :

    quand la perte d’un être cher intervient celà est très destabilisant.
    une page se tourne une nouvelle vie recommence,et souvent on se sent seule.
    il faut pouvoir faire le deuil le plus vite possible s’occuper différament ,voire du monde ne pas rester enfermer chez soi

    1. Christophe Lorreyte dit :

      Merci pour cette contribution. En effet, c’est en rejoignant les vivants et l’amour des autres que l’on panse sa douleur. Ce qui ne signifie pas pour autant que la personne disparue tombe dans l’oubli. Elle vit en nous et continue à vivre à travers nous.

  3. christiane del tedesco dit :

    magnifique plus facile avec vos explications d’accepter la mort d’un être cher

    1. Christophe Lorreyte dit :

      Merci beaucoup Christiane, je suis ravi d’avoir pu contribuer. Continuez à cheminer, bravo !

  4. chotard annick dit :

    DR LORREYTE,
    J’ai lu et relu votre article “surmonter la mort et le deuil ”
    Je trouve violent le chemin que vous suggérez ….mais vous êtes sûrement dans le “vrai” !!!!!!. Oui, il faut continuer mais lorsque l’on se cherche après 2 épreuves de deuil , le fils et le papa (ce dernier n’a pas accepté et supporté le décès brutal de notre fils….)
    le soleil est long à venir , le bonheur de vivre est difficile à trouver même si l’on essaie d’aller vers les autres…. la nature est merveilleuse mais cheminer seule ,le regard n’est pas le même …
    Merci de vos conseils –
    Mme CHOTARD Annick

    1. Christophe Lorreyte dit :

      Ce qui est violent, c’est la souffrance que l’on s’inflige au quotidien en ressassant un passé révolu. Le chemin que je propose est celui de l’apaisement, celui du renouveau. Ce que je propose, c’est de marcher pas à pas au présent les yeux tournés vers le vivant. Ce que je propose, c’est la VIE !

  5. MANDEREAU Brigitte dit :

    Vous avez certainement raison quand vous parlez de la mort, on peut l’apprivoiser car elle fait partie de la vie. Voilà bientôt 8 ans que mon fils s’est donné la mort et ce discours je ne voulais pas l’entendre, je ne voulais pas entendre parler de la vie car elle était brisée en moi, il m’était impossible de donner de l’amour autour de moi.
    Aujourd’hui je vous lis, je ne sais plus quoi penser ! tout est brouillon dans ma tête, est-ce que j’ai manqué de courage pour affronter cette mort si violente ? Je ne sais pas… La souffrance que je ressens n’est pas basée que sur le manque de mon fils mais aussi sur la perte de l’amour que je dois à mes autres enfants, à mon époux, à mon entourage… Cet amour que je n’étais plus capable de donner ni de recevoir d’ailleurs.
    Aujourd’hui je me sens plus sereine, suis-je prête pour méditer ? Peut-être… En tout cas, je prend note de tous vos conseils pour m’aider à affronter la vie qui nous est destinée
    Merci et à bientôt

    1. Christophe Lorreyte dit :

      Il ne vous fallait pas du courage mais simplement du temps pour affronter la survenue d’une absence si soudaine causée par un acte violent. Le choc est tel que le cerveau disjoncte, mettant en veille les sentiments. Aujourd’hui vous employez le passé “cet amour que je n’étais plus capable de donner…” Le temps est certainement venu pour vous de réapprendre, d’accepter et d’aimer de nouveau la vie et ceux qui la composent.
      Quant à la méditation, elle vous prend là où vous êtes donc nul besoin d’attendre d’être bien pour vous essayer à la pratique. Ses bienfaits se révèlent avec le temps.
      Bien à vous et heureux de pouvoir vous aider sur votre chemin de vie.

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