Connaître Bouddha

Bouddha, l’homme parfait / son histoire

Qui était le prince Siddhârta Gautama, qui était le Bouddha ?

Dans la petite ville de Kapilavashi, proche de la frontière actuelle entre l’Inde et le Népal, la mère de Siddhârta, la reine Mayadévi (illusion), rêva qu’un éléphant blanc à six trompes descendant du paradis la frappait au flanc. Le divin pachyderme lui précisa que l’enfant qu’elle venait de concevoir serait un être puissant et pur car il descendait du Paradis de Toushita. Le lendemain, à son réveil, elle était enceinte et portait en son sein celui que l’on appellera plus tard le Bouddha.

Lors d’un déplacement vers la maison de son père, enceinte de 10 mois (eh oui !) elle souhaita s’arrêter dans le jardin Lumbini afin de se reposer. Alors, elle accoucha tandis qu’elle se tenait debout, la main droite reposant sur la branche d’un arbre. La reine eut à ce moment une vision prémonitoire. Au son d’une musique céleste, les Dieux Indra et Brahma l’accouchaient sans douleur sous une pluie de fleurs et accueillaient l’enfant comme un sage. D’après la légende, ce dernier sortit du ventre maternel sans aucune souillure. Il marcha dès sa naissance, il fit sept pas vers chacun des quatre points cardinaux tandis qu’à chacun de ses pas, fleurissaient des fleurs de lotus. Il déclara alors : « Je marche au premier rang dans le monde. Je mettrai un terme à la naissance, à la vieillesse, à la maladie, à la mort…ceci est en vérité ma dernière naissance et il n’y aura plus pour moi d’autre existence. ».
La reine Maya, par les dieux jugée trop sacrée pour qu’aucun autre enfant naquit jamais d’elle, fut rappelée en leur paradis au bout de sept jours. Le prince fut donc élevé par sa tante, la sœur de sa défunte mère

Lorsque l’enfant fut présenté au roi Shouddhodana, son père (de la caste des guerriers-aristocrates). Celui-ci fut subjugué par sa beauté et par sa vigueur. Il le prénomma Siddhârta (celui dont le but est accompli). Comme il était de tradition, le roi fit venir un brahmane afin qu’il lui dévoile le futur du jeune prince. Le devin, après avoir examiné attentivement l’enfant, déclara : « Certains signes montrent que ce garçon peut devenir soit un souverain, soit un saint pleinement illuminé. Toutefois, son influence bénéfique rayonnera dans les mille millions de mondes comme les rayons d’un soleil ».

Effrayé par cette prédiction et afin qu’il s’écarte de la voie de la renonciation, le roi décida de ce fait de l’élever en guerrier dans l’enceinte du palais familial, en le préservant de toutes les difficultés et de toutes les souffrances. Il espérait ainsi le détourner de la prophétie en supposant que s’il ne connaissait rien du malheur, il n’aurait aucune velléité spirituelle.

Le roi ira même jusqu’à interdire à tous les serviteurs du palais de lui parler des malheurs existants à l’extérieur. Toutes les personnes âgées, les malades, les personnes au physique disgracieux seront chassées du Palais royal. Le petit Prince ne connaîtra ni la maladie, ni la vieillesse, ni la souffrance, et encore moins la mort. Les années passèrent et l’enfant grandit dans une prison dorée dans le luxe et l’abondance, élevé au milieu des garçons nobles de son âge qu’il surpassait en toutes disciplines. Il reçut une éducation raffinée et étudia les sciences, les lettres, les langues. Il fut également initié aux arts de la guerre afin d’être prêt à succéder à son père.

Le plan du roi semblait fonctionner à merveille. Siddhârta se révéla même être un élève incroyablement doué. Il excellait dans tous les domaines, de la musique au maniement des armes en passant par la poésie et la peinture. Le roi ne pouvait espérer mieux car il ne faisait nul doute que cet enfant-prodige serait son digne successeur et ferait un souverain exceptionnel.
Ainsi, jusqu’à l’âge de 29 ans, Siddhârta était entouré des plus belles femmes, se nourrissait des meilleurs repas et entendait les plus belles musiques. Conformément aux souhaits de son père, il épousa la jeune et belle Yashodhara, fille d’un seigneur du voisinage dont il tomba amoureux dès le premier regard. Il commença également à prendre part à la vie publique de la cour du roi. Signe du destin, les deux amoureux étaient nés le même jour. Tardivement marié, le jeune homme découvrit les plaisirs du corps et de la sensualité.

 Ensemble, ils eurent un fils prénommé Rahula (l’empêchement). Le roi exultait car il pensait avoir enfin réussi à contrecarrer la prédiction du devin car il était convaincu qu’une belle épouse que l’on ne peut que chérir et des enfants écarterait pour toujours l’âme de l’ascèse. Mais cette naissance qui approchait ne changerait en rien le destin de Siddhârta.

La quête de l’éveil

Alors que l’ennui le gagnait, le prince Siddhârta s’échappa par trois fois du palais avec son fidèle serviteur Channa. A l’extérieur du palais, il fit face à un monde qui le marqua profondément et dont il n’avait jamais soupçonné l’existence. Fraîchement sorti du mensonge du palais, il prit contact avec la véritable nature de l’existence. Lors de sa première visite, il rencontra un vieillard de 80 ans dont le corps était affreusement dégradé.

La seconde fois, il fut attiré par les cris d’un homme rongé par la peste puis, quelques minutes plus tard, il croisa un cortège funéraire qui menait un cadavre au bûcher dans les sanglots et les lamentations. Siddhârta réalisa soudainement ce qu’était la souffrance et qu’elle était commune à toute l’humanité. Il comprit alors que, même si sa condition princière le mettait à l’abri du besoin, rien ne le protégerait jamais de la vieillesse, de la maladie, de la mort, de la souffrance.

La troisième fois, il rencontra un ascète errant sans possession et mendiant sa nourriture. Il s’entretint longuement avec lui pour comprendre ses motivations. Le vieil homme lui expliqua qu’il cherchait à se réaliser et à interrompre la roue du Dharma enchainant successivement les vies pleines de souffrance et lui fit entrevoir la première étape de l’affranchissement.

Cette nuit-là, le prince embrassa sa femme et son fils, se coupa la barbe, rasa sa longue chevelure et troqua ses riches atours pour la robe jaune des ascètes. Puis il partit errer dans le nord de l’Inde à la rencontre des sages afin d’étudier leurs doctrines. Il chercha longtemps, errant de secte en secte auprès des ermites ascètes, auprès de sages yogis, chez les prêtes brahmanes.

Séduit par les enseignements de Mokcha, il resta 6 ans sur les rives de la rivière Nairanjana dans le petit village de Uruvela, près de la cité de Gaya. Il s’y s’installa, avec cinq hommes partageant la même quête de vérité. Ensemble, ils cherchaient à obtenir l’Éveil spirituel à travers une pratique extrême. Ils prônaient la privation totale de biens matériels, la pratique de la méditation 10 heures par jour, ne se nourrissaient que de quelques grains de riz par jour, ne parlaient jamais et ne dormaient que très peu.

Son corps s’affaiblissant de jour en jour, Siddhârta finit un jour par s’effondrer, malade et épuisé à l’extrême. Il réalisa à ce moment que, trop faible, il n’arrivait pas à méditer correctement. Il comprit qu’aucune de ses précédentes expériences ne le mèneraient à l’éveil. Une jeune villageoise nommée Sujata prit soin de lui, le nourrissant de lait et de riz afin de rétablir sa santé.
Il retrouva progressivement la santé et cessa cette pratique extrême. Ses cinq compagnons le délaissèrent interprétant ce changement de philosophie comme un abandon, une défaite. Après ces six années de mortification Siddhârta comprit que l’ascétisme extrême ne fonctionnait pas et, qu’en toutes choses, l’équilibre était important. C’est à ce moment qu’il élabora sa théorie de la voie du milieu. En effet, il considérait que l’équilibre portant davantage sur une renonciation intérieure plutôt qu’extérieure serait plus enrichissante.

Sans savoir pourquoi, alors que la nuit tombait, il s’arrêta devant un figuier sous lequel il s’assit après en avoir fait sept fois le tour. Il décida d’y rester jusqu’à trouver une solution à la souffrance et atteindre l’éveil. Il entra alors dans une profonde méditation. Cet arbre où Bouddha atteint l’illumination, situé à Bodh Gaya en Inde, est de nos jours connu sous le nom de l’arbre de la Bodhi ou l’arbre de l’Éveil.

L’éveil

Une longue et douloureuse bataille avec le Dieu Mara (Démon de la mort et haute divinité) tourmenta Siddhârta. Mara tenta en vain d’interrompre sa méditation en lançant contre lui des hordes de démons effrayants. Quatre semaines passèrent où, sans quitter son siège d’herbes, le Bouddha parcouru le monde. Mara décida alors d’envoyer ses trois plus jolies filles afin de le séduire (Concupiscence, Inquiétude et Volupté). Un seul regard de Bouddha flétrit leur beauté en une seconde. Encore perdant, le Dieu Mara décida d’utiliser sa dernière carte en montrant à Bouddha l’énormité de la tâche qui l’attendait et en lui proposant de monter au Nirvana sans retourner voir les hommes. A ce moment Bouddha chancela, hésitant de peur que les hommes ne comprennent pas son message. L’amour inconditionnel qu’il portait aux hommes et sa grande générosité le convainquirent de devenir Bouddha sur terre jusqu’à ce que tous soient sauvés et trouvent l’éveil.

Lorsque la mousson d’été arriva, Bouddha était toujours en méditation. Alors Mucilinda, le roi-serpent des Nagas, de ses sept têtes surplomba le Bouddha afin de le protéger de la tempête. Lorsque la pluie cessa, il se transforma en jeune homme adorant Bouddha.

Siddhârta devenu alors Bouddha se rendit à la cité de Sarnath et commença à expliquer ce qu’il nommait « la voie du milieu », théorie consistant à s’éloigner des extrêmes. Après avoir décidé de prêcher sa doctrine (Dharma en sanskrit), le Bouddha rencontra à Bénarès, au « Parc des Gazelles », ses cinq anciens compagnons et leur enseigna les Quatre Nobles Vérités. Ce premier enseignement est appelé « la mise en mouvement de la Roue du Dharma ». Surpris par ses connaissances, sa sincérité et sa sagesse, ceux-ci décidèrent de suivre l’enseignement du Bouddha. Chacune de ses paroles les emplissait de bonheur.

Accompagné de ses disciples, le Bouddha voyagea alors durant près de 45 ans dans les vallées du Gange afin d’y enseigner sa philosophie et d’y trouver des disciples. Tout le monde y était admis sans aucune discrimination de caste ni de sexe. De plus en plus de disciples le rejoignirent pour suivre ses enseignements. Il fonda alors une Sangha (communauté de moines et de nonnes) pour poursuivre son enseignement. Plus tard, sa femme, son fils et son cousin Ananda rejoignirent également la Sangha.

Sa mort

A 80 ans, rendu malade par de la nourriture avariée, il se rendit à Kushinagara, s’allongea sur le flanc droit pour prendre un peu de repos sous un bosquet. Alors les arbres fleurirent et répandirent leurs pétales sur le sage. Il dit à Ananda : « Je suis vieux et mon voyage s’approche de la fin. Mon corps est comme une charrette délabrée maintenue par quelques courroies de cuir. ». Après être passé par plusieurs états de méditation, il mourut comme un homme parmi les hommes et atteint le Parinirvana, c’est-à-dire la cessation des perceptions et de la sensation.
Son enseignement

Bouddha n’était qu’un simple mortel ayant réussi à atteindre l’éveil seul. Il se positionnait en enseignant et prônait, contrairement aux religions de l’époque, la non-violence. Ses disciples ne le considéraient pas comme un dieu mais comme un guide les menant sur le chemin de l’éveil.

Les enseignements du Bouddha se répandirent après sa mort et plusieurs monastères furent construits dans les grandes villes le long du Gange. Il est important de noter que, même si la philosophie du Bouddha gagne en importance et en pratique, celle-ci reste davantage apparentée à un mode de vie qu’à une religion en soi. Fondateur de la religion bouddhiste, il est appelé Bouddha Sakyamuni, « Sakya » étant le nom de la famille royale dans laquelle il est né et « mouni » signifiant « Celui qui est capable ».

Les principales transmissions de Bouddha

Les trois principes majeurs :

1/ Ne jamais rester ignorant
2/ Ne pas haïr les autres
3/ Rejeter la colère (lien vidéo)

Les quatre nobles vérités : (cliquez ici pour davantage de détails)

1/ La vie est souffrance
2/ L’origine de la souffrance est l’attachement
3/ La cessation de la souffrance est réalisable
4/ Le chemin vers la cessation de la souffrance

L’octuple sentier (cliquez ici pour davantage de détails)

Bouddha a précisé qu’en suivant la voie de l’octuple sentier ses disciples parviendraient à mettre un terme définitif à leurs souffrances.

1/ La vision juste : comprendre intellectuellement puis voir dans nos vies la vacuité de toute chose
2/ La pensée juste : c’est une pensée libre, non conditionnée, absente de jalousie, de haine, de colère ou d’avidité
3/ La parole juste : ne pas mentir, ne pas calomnier, ne pas proférer de paroles haineuses, injurieuses ou grossières, ne pas parler de manière futile
4/ L’action juste : agir dans le respect des autres et de soi-même
5/ Les moyens d’existence justes : gagner sa vie avec droiture sans créer de souffrances aux autres ou aux animaux
6/ L’effort juste : faire l’effort de travailler sur soi-même
7/ La conscience juste : être pleinement présent, ne pas juger, ne pas catégoriser, ne pas s’attacher à ses propres opinions
8/ La méditation juste : pratiquer la méditation (zazen) est fondamental.

Elle se caractérise entre autres, par une absence d’ignorance, de colère et d’avidité, un retour permanent à l’instant présent, un détachement face aux pensées, l’abandon de la conscience personnelle.

La voie du milieu :
Bouddha enseigne un mode de vie préconisant de s’éloigner des extrêmes. Il explique que la vie matérielle et la vie spirituelle sont toutes deux nécessaires et indissociables.

Quelques-unes de ses paroles

Lorsque Bouddha s’éveilla : « Il y a un lieu qui n’est ni la terre, ni l’eau, ni le feu, ni l’air…qui n’est pas ce monde ou un autre monde, ni le soleil ou la lune, qui ne va et vient, endurant naissance ou mort. C’est l’absolu fin de toutes souffrances. »

« Répondre aux exigences de la vie n’est pas condamnable »

« Garder le corps en bonne santé est un devoir, autrement nous ne serons pas capables d’allumer la lampe de la sagesse et de garder notre esprit ferme. »

« Tout ce qui est créé est sujet au déclin et à la mort. Tout est transitoire. Travaillez pour votre libération avec diligence. »

« A la naissance, personne ne porte aucun signe qui distingue le noble de celui qui ne l’est pas. »

Bouddha affirmait que la destinée de l’homme dépend de lui-même, de ses pensées, de ses paroles et de ses actes. L’homme est pleinement responsable de son bonheur comme de son malheur.

« Il faut comprendre avant de croire. Vous ne devez pas croire d’emblée ce que je vous dis ni ce que les autres disent. Ne croyez pas parce que tel maître l’a dit. Ne croyez que si vous estimez que c’est conforme à la logique et à la vérité et utile à vous comme aux autres, dans le présent comme dans le futur. »

« Soyez vous-même votre propre lumière, votre propre maître. »

« Nous sommes tous égaux, chacun porte en lui la possibilité de devenir bouddha, personne ne peut se prétendre supérieur aux autres. »

Précisions et glossaire
Il est important de dissocier Buddha et Bouddha qui ne sont pas synonymes.
Buddha : est l’état d’une personne lorsqu’elle parvient à l’éveil (on devient alors Boddhi). Des milliers de personnes le sont de par le monde.
Bouddha : désigne le prince Siddhârta Gautama devenu Sakyamuni qui a fondé le bouddhisme.
Bodhisattva : celui qui est promis à l’éveil.

Tous les récits concernant l’histoire de Bouddha sont issus d’une tradition orale. De ce fait, il est difficile de démêler légende et histoire.
Les dates du passage sur terre de Bouddha sont approximatives. On ne sait pas exactement à quelle époque précise il vécut. Il était jusqu’à présent supposé avoir vécu de 566 av. JC à 486 av. JC. Cependant, certaines recherches récentes tenteraient à indiquer qu’il serait né en 470 av. JC et mort en 400 av. JC.

Conseils de lecture

Pour adultes et enfants, une série de 8 BD aux éditions Delcourt extraordinairement bien faites et bien rédigées retracent la vie de Bouddha. Cliquez ici pour en prendre connaissance. Je pense que vous pourrez les trouver sur les sites principaux (FNAC, Amazon, etc.)

Vous pouvez également consulter mes articles et vidéos traitant du zen :

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Enso cercle japonais : invitation à la méditation

ZEN, mais qu’est ce que cela signifie vraiment ?

En particulier, je vous conseille un magnifique court-métrage que j’ai réalisé conjointement avec Aurélie Compain, une professionnelle de l’image pleine de talents. Cliquez ici pour un merveilleux voyage au cœur du zen :   Expérience Zen

 

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